Voyage dans le temps d'Isidore Mévout

Train en gare vers 1868
Pour son premier voyage dans le temps, Isidore Mévout avait depuis longtemps choisi de rencontrer Jules Verne. Il avait même fixé sa date d’arrivée : le 17 mai 1868. Il profiterait ainsi de tous les charmes du printemps. Mais aussi, et surtout, de la longueur des jours en cette période qui précède le solstice d’été. Il prépara son périple avec le même soin que s’il s’était agi d’un séjour sur la Costa del Sol. Chez le meilleur numismate de Paris, il acquit des pièces et...
Isidore Mévout souffrait d’un déficit d’expérience dans le domaine ferroviaire. Les rares fois où il avait employé ce type de transport, c’était en TGV. C’est donc avec une âme d’enfant qu’il grimpa dans le wagon de première classe de l’omnibus de la Compagnie des chemins de fer du Nord qui devait le véhiculer jusqu’à Noyelles-sur-mer. Cependant qu’une foule bruyante et bigarrée prenait d’assaut les wagons de seconde et de troisième, le tortillard, qui venait de...
Atterrir en quelques minutes dans le Paris du second empire avait provoqué chez l’intrépide Isodore Mévout une vive émotion. Mais très vite s’y substitua la délicieuse impression de faire du tourisme en terre inconnue. Tourisme en immersion certes, il avait pris à cet effet toutes les précautions, mais tourisme quand même. Il éprouvait donc une sérénité du meilleur aloi. Mais à l’instant d’actionner la cloche de la villa de Jules Verne, il sentit son coeur serrer. Il tira...
Il était dix huit heures, mais en cette saison le soleil était encore aussi haut qu’il l’était à midi aux approches de Noël. Poussé par le courant de la dernière heure de flux, barré de main de maître par un Jules Verne revêtu d’une épaisse vareuse en drap bleu, le Saint-Michel embouqua la Baie de Somme. Le flot, après avoir recouvert les bancs de sable, commençait à s’en prendre aux prés salés. Ne sachant plus où se poser, des nuées d’oiseaux marins sillonnaient en...
« Je suis vraiment ravie que vous ayez accepté l’invitation de mon époux. Voulez-vous que l’on décommande votre table à l’hôtel ? — Le coche m’a déposé à votre porte et les évènements se sont succédés de telle façon que je n’ai pas pris le temps de réserver. — Nous allons y remédier. Denise ? Pouvez-vous passer à l’Hôtel des Voyageurs afin d’y réserver une chambre ? Pendant votre absence, je m’occuperai du service. » Isidore se confondit en remerciements....
Par trois cent brasses de fond, Isidore dînait à la table du Capitaine Nemo en compagnie du Professeur Aronnax. Le commandant du Nautilus ressemblait étonnamment à Jules Verne. Dans les assiettes s’offrait un plat composé d’algues de diverses couleurs et de boulettes irisées d’origine incertaine. Pour ne pas désobliger son hôte, l’universitaire parisien s’apprêtait à y goûter lorsque retentirent dans le sous-marin les échos d’une querelle de mouettes. Le vacarme...
Dans le noir absolu, Isidore était incapable d’effectuer le moindre mouvement. En revanche il sentait son coeur battre à près de deux cents pulsations par minutes. Cette « tachycardie paroxystique », pour employer la langue pittoresque en vigueur chez les docteurs en médecine, s’était déclenchée quelques secondes après qu’il eut appuyé sur le bouton et que l’obscurité se fît. Adepte du Yoga, Isidore était capable après un effort de calmer rapidement ses pulsations...
C'est dans la tempête que l'on reconnait les grands capitaines. Sain et sauf, bon pied, bon oeil, Isidore s’estima seulement victime d’un fâcheux contretemps. Un examen minutieux du système informatique de son chronoscaphe lui permettrait à coup sûr de détecter l’erreur qui lui valait cet atterrissage prématuré. A la différence des animaux de laboratoire qui avaient inauguré son invention et dont les expéditions dans le passé s’étaient déroulées sans encombre, Isidore...
« Bonjour Isidore. Avez-vous bien dormi ? — Bonjour Adélaïde. Et vous même ? — Comme un bébé ! Je suis réveillée depuis une demi heure et j’ai pris le temps de faire ma toilette et de me me vêtir. Je descends m’occuper du petit déjeuner. A tout à l’heure. — A tout à l’heure. » La veille au soir, dans la pénombre, Isidore n’avait eut qu’un aperçu du luxe de la chambre. Au grand jour, il put en apprécier la débauche tout à fait dans le goût décadent du Second...

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