Short-stories

Petites nouvelles surréalistes inspirées ou non par les peintures de Jimmy Lawlor et de Vladimir Kush.
Tableau de Vladimir Kush
Pas le moindre zéphyr en ce beau matin d’avril. Dans un azur qui se reflète complaisamment dans le miroir sans ride de la Mer Caspienne, le soleil grimpe insensiblement vers son zénith. Sur le rebord en bois de sa fenêtre ouverte par laquelle il contemple les flots, Vladimir a ouvert le volumineux agenda sur lequel il a coutume de noter les émotions que lui font ressentir les belles choses de la Vie. Il suit en connaisseur la lente évolution d’un petit voilier qui guette la moindre...
ABC était un triangle quelconque et n’en éprouvait nulle fierté. Un simple coup d’oeil sur la liste des synonymes de ce qualificatif permet au moindre quidam de le comprendre. Qui aimerait qu’on le traitât d’anodin, de banal, de commun ou d’inintéressant ? Mais, accréditant ainsi la célèbre formule : « Pour vivre heureux, vivons caché. » il se satisfaisait de son insignifiance. Il avait poussé la quelconquerie jusqu’à s’affubler du patronyme le plus banal qui soit...
Tableau de Vladimir Kush
Depuis le Haut Moyen-Age, où quelques fermes s’étaient regroupées dans ce « trou de verdure où chante une rivière », on s’emmerdait ferme à Colombay. Gaétan Tourneboeuf n’était pas spécialement connu pour avoir l’âme vagabonde. Ce dix huit mars, en fin d’après midi il était d’autant plus insensible au crépuscule en technicolor qui auréolait les collines, qu’au volant de son cabriolet jaune, il lui tournait le dos. Quelques heures plus tôt, à l’issue d’un...
Tableau de Jimmy Lawlor
Les évènement relatés ci-dessous se sont produits il y a tout juste un demi-siècle. Au cœur de ces fameuses sixties, dont Jane Birkin, dix ans plus tard, chantera les « ex-fans ». Les Molénaises et Molénais qui les ont vécues se font de plus en plus rares. Mais à l’époque, ces épisodes firent grand bruit dans le modeste landerneau de la mer d’Iroise. On ne parlait pas encore de réchauffement climatique. Les météorologistes attribuaient l’exceptionnelle douceur de la...
Tableau de Jimmy Lawlor
De dix-huit à quarante ans, Modeste Kerdoncuff était le plus heureux des hommes. La Marine Nationale avait en effet offert à ce musicien dans l’âme une occasion unique de vivre de sa passion : il jouait du clairon, il voyait du pays, il rencontrait quelqu’une à chaque escale et, cerise sur le gâteau, la soupe était bonne. Après avoir sillonné les cinq Océans et fait trois tours du Monde, il en aurait bien fait un quatrième. Et plus, car affinités. Ses frères d’armes...
Tableau de Jimmy Lawlor
Il était une fois un gramophone oublié dans un grenier. Pas un « faux-nographe », comme on en trouve chez certains brocanteurs. Un vrai de vrai, avec un pavillon en tôle imitation cuivre et une manivelle qui permet de tendre le ressort dissimulé au fond de ses entrailles. Il était flanqué d’une boîte pleine de 78 tours : « Lakmé », « Les mousquetaires au couvent », « Les cloches de Corneville », « Le pays du sourire », etc. Dans des temps très anciens, l’antique...