Oulipiques

Dès le premier regard, Madame, vous me plûtes. Ô, j'aurais tant voulu vous jouer de la flûte de Pan, nu comme un Dieu. Mais il faisait si froid. Endoudounné de neuf, je guettais sous la neige votre retour du ski. Mais vint l’affreux Geoffroy qui vous embobina. Naïve vous le crûtes. Bibliquement, le soir même, vous le connûtes à l'Hôtel de la Blanche et à mon grand effroi. Dûment endoudounné j'attendis sous la neige que l’infâme enjôleur cessât ses sortilèges. Vous êtes...
Sébastien Dubellet, au cours de son voyage, n’avait pas pris le temps de tondre sa toison. Il draguait l’italienne. Il avait bien raison de profiter ainsi des atouts du bel âge. Et c’est fort chevelu qu’il revint au village. — Sais-tu que les hippies sont passés de saison ? lui fit-on remarquer au seuil de sa maison. Pour le désarçonner il en faut davantage : — C’est ainsi que jadis se coiffaient nos aïeux ! — Vouloir les imiter me semble audacieux, ironisa son beauf en...
Dans ce fil sont rangés les Poèmes à contrainte, le plus souvent oulipienne : lipogrammes, sonnets irrationnels, sardinosaures, bouts-rimés, etc.
Bien qu’anormalement il honnissât l’onyx et fut fort mal armé, ce fier lampadophore, tous les vendredis soir, se prenait pour Phœnix après avoir sifflé, cul sec, toute une amphore. Sous l’effet d'un penser libidineux, son ptyx s’ennoblissait soudain, rubicond et sonore et l'homme allait plonger nuitamment dans le Styx. (exploit dont aujourd'hui tout bon nageur s’honore) Sept flambeaux l’attendaient sagement sur la rive. Or, s'ils idéalisaient un chouïa le décor, ils tapaient...
Avouez braves gens, que nous vous épatâmes quand nous vînmes céans vêtus tels des marquis. Certes, sous les sifflets, nous nous carapatâmes et prîmes aussitôt quasiment le maquis. Mais, vierges d’oripeaux, nous nous représentâmes. Est-il vraiment besoin de vous faire un croquis ? Sans la moindre pudeur, nous en surajoutâmes et fîmes les farauds comme en terrain conquis. Incontestablement, braves gens, nous déplûmes L’assistance eût aimé que, du moins nous nous tûmes. Mais...
Fourest a aligné quatorze fois douze x dans un pseudo-sonnet. Uniquement des x ! Mallarmé, lui aussi, fit un sonnet en x, mais en utilisant plein de lettres non x. Dans l’alphabet français, il n’y a pas que l’x. Par exemple le z, plus rigolo que l’x. Pourquoi Fourest n’a-t-il utilisé que l’x ? Cet enfant d’Apollon est-il sorti de l’X ? A moins que ne pouvant encaisser Factor X, se languît-il un poil du polynôme en x ou de cette inconnue qu'on désigne par x ? En scrutant...
Sur son vélocipède aussi noir que l’onyx et que sa dynamo rendait lampadophore, il revenait de Nante, impayable Phénix, après avoir pinté cul sec toute une amphore. Sous son casque MP3, il écoutait un ptyx moduler à tue-tête un allégro sonore où trois coquecigrues se gaudissaient du Styx avec ces trémolos dont Vassili s’honore. Le péquin pédalait, apathique au bocage. Or, approchant Montaigu, il vit dans ce décor le spectacle charmant d’une innocente nixe qui dormait le cul...
Jean Duval de Laval, en fringant équipage, passe, bon an mal an, quinze jours à la mer. Il lui faut tout d’abord se farcir en voyage les bouchons sur l’A10 (ce qui le rend amer). Depuis quelques étés il chevauche une planche. Il se vautre souvent mais n’en est pas honteux. Fana des demi-dieux surfant l’écume blanche, il ira, c’est promis, glisser à côté d’eux. Sur le flot rassurant, comme il est gauche et veule ! L’arrière-train tendu, qu’il est comique et laid ! Les...
C’est peu dire Appollin, que vous nous épatâtes quand vous vîntes céans vêtu comme un marquis. Hélas, sous les sifflets, vous vous carapatâtes et prîtes aussitôt quasiment le maquis. Indemne d’oripeaux, vous vous représentâtes. Est-il vraiment besoin de vous faire un croquis ? Sans la moindre pudeur, vous en surajoutâtes et fîtes le faraud comme en terrain conquis. Incontestablement, Appollin, vous déplûtes L’assistance eût aimé que, du moins vous vous tûtes. Mais vous...
Peu de lecteurs voudront me croire sur parole. Après le taf, à son PC, Luc vient s’asseoir et, quotidiennement, ce geek un peu fêlé s’envole dans les arcanes d’un nouveau trip. Et un soir il a pu s’engouffrer, tout vif dans sa console en suivant à la trace un hippocampe noir. Tel dans « Le Bateau ivre », en cette ronde folle, il a vu pour de vrai « ce que l’homme a cru voir. » A mach puissance quinze, il glissait comme en rêve quand ostensiblement sur son trajet se lève une...

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