Un rêve de potache

Saturé de philo, le potache somnole.

Il attend, résigné, le « dring » libérateur.

Il rêve à l'intégrale, à la tendre hyperbole,

à la douce euclidienne, au dénominateur.

 

Il rêve le chemin des longues parallèles

qui sans un seul écart cinglent vers leur destin.

Tel un couple de rails en titane, si frêles

qu’une épeire aurait pu les filer au matin.

 

Où va-t-il ce chemin fugace et rectiligne

quand il sort de la feuille et fonce vers les murs ?

Peut-il les traverser ? Se perdre dans l'azur,

tel un rayon laser, tel un duvet de cygne ?

 

Mais soudain retentit le « dring » tant espéré. 

Le potache ouvre un œil. C'est enfin la récré.