La lunette

 

Ô rage, ô désespoir, j’ai brisé la lunette

en joli bois vernis qui coiffait mon vécé.

J’aurais dû la choisir en plastique. Suis-je bête !

Mais louons le Seigneur : je ne suis pas blessé.

 

Je file sans attendre à la quincaillerie

qui offre ses trésors  Place de l'évêché.

La violette est chic, discrètement fleurie

et, comble de vertu, c'est la meilleur marché.

 

Le dur est à venir. Dévisser l’ustensile 

puis en visser un neuf, s’avèrent moins faciles

que de pondre un sonnet pour un humble rêveur. 

 

L’inapte que je suis s’agace et se tortille.

Mais à la nuit tombée, le falzard aux chevilles,

 il peut enfin jouir du fruit de son labeur.