La toison

 

Sébastien Dubellet, au cours de son voyage,

n’avait pas pris le temps de tondre sa toison.

Il draguait l’italienne. Il avait bien raison

de profiter ainsi des atouts du bel âge.

 

Et c’est fort chevelu qu’il revint au village.

— Sais-tu que les hippies sont passés de saison ? 

lui fit-on remarquer au seuil de sa maison. 

Pour le désarçonner il en faut davantage :

 

— C’est ainsi que jadis se coiffaient nos aïeux !

— Vouloir les imiter me semble audacieux, 

ironisa son beauf en reposant sa fine.

 

— Mon look gaulois sut plaire aux filles des latins

que j’ai pécho le soir sur le mont Palatin.

—  Mais aguichera-t-il nos belles Angevines ?