Sonate en Si

Si la Muse m’offrait une Sonate en Si,

comme un colifichet tel qu’on en voit en songe

et que ce vermillon ne fût pas un mensonge

aux reflets mal armés sous un ciel obscurci,

 

s’il pleuvait des peut-être autant que des voici

dans l’aube sans ruisseau qu’un rossignol prolonge

et qu’à l’instant précis où la divine plonge

un fauve feulât noir et un trombone aussi,

 

si enfin, nonobstant que l’on ne pût s’entendre

— assourdis par les cris de la carte du tendre —

et qu’un ciel devint rouge, écoutez bien ma soeur :

 

nous n’aurions pour issue que celle trop petite,

offerte par les vents d'honorer la douceur

en attendant tout bas que la messe fût dite.