Pétole

 

Le baromètre est au beau fixe. Au ciel, Éole

s’est mis depuis huit jours aux abonnés absents. 

Les planchistes déçus maudissent la pétole.

C’est la saison des soixantièmes mollissants.

 

De ma coque de noix, peu me chaut la vitesse.

Après un bon repas, je n’ai que peu d’allant.

Je prie le dieu des vents d’avoir la gentillesse

de laisser mon esquif faire le nonchalant.

 

Il kiffe au plus haut point ce temps de demoiselle

et glisse, ultra-léger, la voile comme une aile,

sous le souffle iodé d'un soupçon de zéphyr.

 

Et moi, loin de vouloir doubler les aquaplanes,
Ulysse du weekend, je n’ai qu’un seul désir :
m’offrir un grand bol d’air aux senteurs océanes.