Paulo

« Here is the french sailor ! Another bloody-bitch ? 

–  Yes !  Réplique en globish un Nanard grenadine. »

 

« J'ai rudement bien fait de raser ma barbitch !

se dit-il in petto. Et vive la marine ! 

 

Je vais raconter ça par e-mail à Paulo. »

 

 

Paulo, ce vieux forban, compagnon de bamboche,

avait posé son sac auprès de Saint-Malo,

dans un joli penty fleuri d'aristoloches.

 

« Paulo, t'as le bonjour de Petropavloski. 

Un port du Kamchatka. Je chauffe une frangine

et bois du bloody-bitch. Ce cocktail est exquis.

– Sacripant de Nanard, tu nous surprends toujours.

Embrasse de ma part tes nouvelles amours.

Son cocktail a, je crois, des vertus assassines. » 

 

 

 

« Salut la compagnie. Comme d'hab, un muscadet. »

 

La matinée se traîne au bar du Quiquengrogne 

où diffuse en sourdine  un vieil air irlandais,

 

« Salut Paulo, répond un quarteron d'ivrognes.

– Ya du neuf les amis, j'ai un mail de Nanard.

– Raconte. – Accrochez-vous, il est en Sibérie,

et pourrait devenir patron d'un lupanar.

– Un gars si vertueux ? Paulo, tu nous charries.

– Bon j'exagère un poil. Il est au Kamchatka

et drague une barmaid en sifflant des vodkas.

– Présenté comme ça, c'est déjà plus crédible.

– C'est carrément au Nord. Fait pas chaud dans le coin.

– A moins de pratiquer le tagada-tsoin-tsoin.

 

– Là-haut, notre ostrogoth doit être irrésistible. »

 

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