Diary and discoveries

Tableau de Vladimir Kush
Tableau de Vladimir Kush

 

Pas le moindre zéphyr en ce beau matin d’avril. Dans un azur qui se reflète complaisamment dans le miroir sans ride de la Mer Caspienne, le soleil grimpe insensiblement vers son zénith. 

 

Sur le rebord en bois de sa fenêtre ouverte par laquelle il contemple les flots, Vladimir a ouvert le volumineux agenda sur lequel il a coutume de noter les émotions que lui font ressentir les belles choses de la Vie. 

 

Il suit en connaisseur la lente évolution d’un petit voilier qui guette la moindre risée pour s’arracher à la pétole. C’est par ces temps de demoiselle qu’on reconnait la finesse du barreur. 

 

Notre rêveur vient de recevoir par la poste trois coquillages exotiques qui viendront abonder la vitrine qu’il leur a consacrée. Il les a posés près de son ouvrage et vient de quitter sa contemplation pour quérir une loupe afin de les examiner.

 

Au même instant une bourrasque se lève, hérisse les flots qui passent instantanément du saphir au sarcelle et gonfle les voiles de l’esquif. La tenture blanche située sur la gauche de la baie se prend instantanément à flotter au dessus de l’agenda. 

Sous le regard incrédule de Vladimir, les feuillets de son journal de bord prennent leur envol. Comme pris dans une colonne ascendante, ils s’élèvent à la queue-leu-leu en direction du soleil et, par on ne sait quel sortilège, se métamorphosent en oiseaux blancs. 

 

Notre amateur de voile et de coquillages exotiques n’en peut plus de tant de beauté. Peu lui chaut que ses notes de voyages s’envolent une à une pour aller se perdre dans la stratosphère. Il s’en met plein les mirettes et tient l’idée d’une nouvelle toile. Car Vladimir sait aussi se servir d’un pinceau. Il a déjà trouvé le titre de sa nouvelle oeuvre : « Diary and discoveries »