Na

 

Des peintures rupestres de Lascaux aux tableaux de l’Ecole Flamande, l’art pictural n’a cessé de progresser. Mais, inexplicablement le mouvement s’est infléchi pour aboutir au monochrome.

 

La musique à suivi la même évolution. Des premières percussions du néolithique aux symphonies de Mozart elle a tendu vers les sommets, puis a longuement plafonné avant d’emprunter une courbe descendante. La musique concrète et la techno ne sont pas les derniers avatars. En effet, la musique de fond de certains thrillers de série B tend furieusement vers le mononote.

 

Idem pour la poésie, qui après avoir atteint des sommets dans la seconde moitié du 19ème siècle, s’est inexorablement déconstruite.

 

Mais il semble qu’elle n’ait pas encore trouvé son Klein. Il y a là une opportunité pour entrer dans le monde des people et, accessoirement, se faire un max de pognon.

 

J’ai passé de longues semaines à réfléchir au truc. La Muse s’est enfin manifestée : « L’équivalent du monochrome ne serait-il pas simplement le monosyllabe ? »

 

Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?

 

J’ai saisi ma plume et mon carnet à spirale et je suis passé à l’acte.

 

Na

 

 

Depuis Rimbaud, chacun sait que le a est noir. Le n est résolument négatif. Je croise les doigts pour que les exégètes s’intéressent à ce nano-poème et en soulignent son nihilisme.