Le zibule

S’il en avait la finesse et l’opacité, on pourrait le confondre avec une crêpe de sarrasin. Comme icelle il est discoïde et leurs diamètres sont du même ordre de grandeur . 

 

Mais le zibule est translucide et cinq à six fois plus épais. Cette quasi-transparence a permis à l’espèce de prospérer à l’abri des prédateurs et d’échapper à la curiosité des scientifiques. Nul ne sait donc s’il est animal ou végétal. Ou tout simplement minéral.

 

Tel un nuage après l’averse, il peut décomposer la lumière du jour. Lorsque tombe la nuit, il devient bioluminescent.

 

Selon son humeur, il peut émettre un son qui peut être bizarroïde comme le chant des coquecigrues, cristallin comme celui des sources de montagne ou planant comme un air des Pink Floyd.

 

Qui sait s’y prendre à la façon du Petit Prince, peut apprivoiser un zibule. Icelui viendra de temps en temps prendre ses aises sur le crâne de son nouvel ami. Une onde de plaisir envahira l’heureux mortel qui bénéficiera en outre d’une ligne directe avec la Muse, d’une auréole de belle facture et du pouvoir de guérir les écrouelles.