Du football et des reptiles

 

Dans un massif de micaschiste,

Ornementé d'ajoncs en fleur,

Un aspic anticonformiste

Se prenait pour un footballeur.

 

Chaque matin, notre reptile,

Singulièrement inventif

Poussait une bille en argile,

Faute de pied, du bout du pif.

 

Ce nez, qu'il avait en trompette,

En faisait un sacré buteur.

Il fit sans tarder la conquête

D'une lézarde à l’œil moqueur.

 

Qu'on soit mouflet, qu'on soit vipère,

Il est bon de le rappeler :

Jouer au foot en solitaire

N'est qu'un modeste pis-aller.

 

Il briefa son admiratrice

Et tous deux dribblèrent au fond

D'un val sablonneux et propice

Aux adeptes du ballon rond.

 

Mais, de l'azur, un serpentaire,

Sur les footeux tombant à pic,

Subséquemment fit bonne chère

De la lézarde et de  l'aspic.

 

Cette aventure est un peu triste,

Plutôt que de verser un pleur,

Buvons une bonne trappiste,

Passez-moi le décapsuleur.